La Charente affiche un taux de seniors supérieur à la moyenne nationale : selon l’INSEE, plus de 31 % de la population a plus de 60 ans (INSEE, chiffres 2021). Beaucoup vivent en milieu rural, loin des grands centres hospitaliers. Si la Sécurité sociale couvre une part importante des soins, le « reste à charge » continue d’inquiéter plus d’un retraité.
Entre la pension de base (en 2023, l’allocation moyenne de retraite s’élevait à 1 231 € nets mensuels, source : DREES), la hausse du coût de la vie et la nécessité de maintenir une bonne santé, l’accès aux aides devient primordial.
En France, l’Assurance maladie rembourse en général 70 % du tarif de base pour les consultations médicales, et 60 % pour les examens biologiques. Mais entre dépassements d’honoraires et actes peu remboursés (prothèses dentaires, optique, audioprothèses…), le reste à charge reste parfois élevé.
La complémentaire santé – la fameuse « mutuelle » – intervient alors pour diminuer ce reste à payer. Mais encore faut-il avoir les moyens d’en souscrire une adaptée, surtout lorsque l’on vit avec une retraite modeste.
La question de la complémentaire santé se pose avec acuité. Cependant, des dispositifs existent pour éviter de renoncer à se soigner.
Depuis 2019, la Complémentaire Santé Solidaire (CSS, anciennement CMU-C et ACS) peut être une bouffée d’air. Elle est attribuée sous conditions de ressources et propose une couverture de mutuelle gratuite ou à moins de 1 € par jour, remboursant de nombreux soins à 100 % (consultations, hospitalisation, médicaments, lunettes, prothèses auditives et dentaires…).
De nombreux retraités charentais n’osent pas faire la demande par méconnaissance ou gêne. Il est pourtant à noter qu’en 2023, seuls 53 % des éligibles en France en bénéficiaient réellement (étude Irdes). Pour toute démarche, la Maison France Services d’Angoulême, Cognac ou Barbezieux peut accompagner gratuitement la constitution du dossier.
Mis en place en 2020, le « 100 % Santé » permet à tous les assurés (ayant une complémentaire, même la CSS) d’accéder à une sélection de lunettes, prothèses auditives et dentaires totalement prises en charge : rien à avancer, pas de reste à payer (Service-public.fr).
Tous les professionnels de santé sont tenus de proposer ces équipements. N’hésitez pas à demander l’option « panier 100 % Santé » au moment du devis.
Selon le Ministère de la Santé (2022), seuls 40 % des seniors osent réclamer ce panier. Une habitude à prendre en Charente comme ailleurs !
Vivre dans un petit village charentais est un bonheur, mais cela complique parfois l’accès aux soins. Heureusement, plusieurs points d’appui existent à l’échelle locale.
Chaque commune charentaise possède un CCAS, souvent au cœur de la mairie. Il peut :
Anecdote réelle : à Jarnac, le CCAS offre chaque année une enveloppe d’urgence santé aux habitants de plus de 65 ans, sur présentation de justificatifs et après passage en commission.
Certains territoires charentais sont couverts par des Associations d’aide aux familles ou ceux porteurs d’Alzheimer, pour accompagner à la constitution de dossiers d’aide. L’ADMR de Charente, par exemple, propose à ses adhérents une orientation personnalisée dans le dédale administratif.
En cas de besoins de déplacement médical, la Charente met à disposition des services de transport à la demande, parfois gratuits ou à tarifs réduits (notamment sur la Communauté d’Agglomération du Grand Angoulême et de la Communauté de Communes 4B Sud-Charente).
Au-delà des dispositifs nationaux, des aides ponctuelles ou permanentes existent, souvent méconnues.
Face à la complexité du système de santé, il n’est pas toujours simple d’oser demander. Pourtant, en Charente, chaque année, ce sont des centaines de seniors qui retrouvent une qualité de vie en accédant à la CSS, au panier 100 % Santé, ou à des aides locales discrètes mais précieuses.
Prendre le temps de se renseigner ou d’être accompagné, c’est s’offrir des jours plus sereins, où la santé ne rime plus avec inquiétude financière. Une simple démarche peut transformer le quotidien : un CCAS bienveillant, une mutuelle à l’écoute, ou une association locale permettent souvent d’éviter de devoir arbitrer entre se soigner et se priver.
En Charente, la solidarité n’est pas qu’un mot : partout, des portes sont prêtes à s’ouvrir pour que bien vieillir ne soit jamais synonyme de renoncement aux soins.